Aïda      
Bruyère


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Aida Bruyère a grandi au Mali et son premier élan de plasticienne s’est porté sur la société malienne.

Multiple dans l’édition ou images imprimées, l’artiste travaille d’abord avec les moyens rudimentaires et populaires du téléphone mobile, souvent en caméra cachée, pour en tirer des clichés photographiques.

Inspirée par la télé réalité, elle montre d’abord avec Bakou l’extravagance de la bourgeoisie malienne dans un livre décrivant l’univers du fils d’une des plus grandes fortunes de Bamako, Mamadou Coulibaly, vivant dans un chateau calqué sur les demeures françaises. Toute la culture américaine du gangsta rap et des clips sont réappropriés par ce jeune homme qui montre l’autre visage de l’Afrique de l’Ouest, à laquelle on est encore peu habitué, par où également le tabou occidental de la richesse éclate au grand jour. Avec L’argent de ma mère, elle a filmé les liasses de billets qu’elle palpe chaque matin en comptant sa recette pour transformer ces scènes en une fiction sur la mafia et autour du Franc CFA, depuis longtemps controversé dans ces anciennes colonies qui réclament une monnaie indépendante de la France, encore maîtresse de leur économie.

Puis c’est autour de 2015, peu après son arrivée dans l’hexagone, que l’artiste découvre le bootyshake et le dancehall qui la fascinent d’emblée, tant pour l’attitude que pour l’apparence vestimentaire que cette danse suppose. A partir de sa pratique de cette danse de rue, elle découvre une battle de dance hall exclusivement féminine dont elle tire, dans son projet Special Gyal, un inventaire des mouvements et des postures, qui l’amène à une implication totale dans cette sous-culture populaire que certaines femmes se sont appropriées cherchant ainsi leur empowerment à contre-courant des paroles sexistes et violentes de la musique qui l’accompagnent. L’artiste fait entrer dans les codes de l’art contemporain ces cultures qui ont cette qualité de se régénérer en permanence et d’irriguer la mode, pour mieux mettre en valeur ces personnes créatrices mises à l’écart et littéralement sucées par l’industrie culturelle. —


Raised in Mali, Aida Bruyère’s first impulse as a visual artist fell upon Malian society. Through publications and photograph prints, the artist first worked with the rudimentary and popular medium of the cell phone, often using it as a hidden camera in order to capture photographs.

Inspired by reality TV, she sets out to reveal the extravagance of the Malien bourgeoisie. In her fotonovela Bakou, she describes the world of Mamadou Coulibaly, the son of one of the richest families in Bamako, who lives in a castle modeled after French mansions. American culture’s “gangsta rap” is reappropriated by the young man, who represents the other face of West Africa, a face we are not accustomed to seeing and that is brought to light here by the Western taboo of wealth. In L’argent de ma mère, the artist filmed her mother counting her stacks of bills as she checked her pay every morning. She then transformed these scenes into a fictional story on the mafia and the CFA franc, a controversial currency. For some time now, the ex-colonies have demanded a currency separate from France, still the master of their economies.

Around 2015, the artist moved to France and discovered Bootyshake, a dance that immediately fascinates her with its sexy attitude and attire. Through her practice of this street dance, she discovers all-female dancing battles she then alludes to in her Special Gyal project, making an inventory of the dance’s movements and positions. This work fully immerses her in this popular subculture, which some women have appropriated as a counter-response to the accompanying music’s sexist and violent lyrics, thus finding their own empowerment. The artist introduces these alternative cultures —which have the ability to constantly regenerate and nurture trends— in order to better showcase the movements’ creators, who, marginalized and literally sucked dry by the cultural industry, often lead precarious existences. —

Text by Juliette Soulez

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