Bio


Après avoir grandi à Bamako, au Mali, j’ai commencé en 2013 des études d’arts à Paris.

Une partie de mon travail se nourrit de l'univers dans lequel j'ai grandi ; un Mali bourgeois marqué par la photo-studio de Malick Sidibé et ses confrères.

J'admire la façon dont les maliens se mettent en scène et s'assument,  le fait que rien ne soit jamais laissé au hasard lorsqu'il est question d’apparence.

Les signes extérieurs de richesse ne sont pas mal perçus, au contraire il est presque nécessaire d'avoir de beaux habits, une voiture de luxe, un téléphone high tech, d'être coiffé, manucuré, crémé et parfumé pour briller en société, et la règle s'applique autant pour un homme que pour une femme.

La richesse n’est pas tabou comme elle peut l’être en Occident ; d'une certaine façon plus elle est ostentatoire, mieux c’est. C’est un mode de vie qui fantasme les codes de la culture afro-américaine visible dans les médias mainstream : une recherche d’opulence, de pouvoir et d’affirmation, qui imite la classe dominante blanche et bourgeoise via le gangsta rap.

L’autre partie de mon travail qui est encore en évolution est portée sur la question de l’Empowerment des femmes, notamment dans le milieu du Dancehall et du Bootyshake. J’essaie de capter et de représenter l’énergie et la puissance qui se dégagent du corps de ces danseuses quand elles sont en action.

C’est par la pratique de l’édition et des techniques d’impression que je questionne ces codes qui me fascinent. Je me les approprie et les ré-interprète au travers de séries d’images qui retranscrivent des ambiances, des “mood” et interrogent des logiques d’appropriations culturelles. Pour se faire, j’utilise des systèmes de caméras cachées pour me rapprocher au mieux du sujet que j’exploite afin qu’il reste le plus fidèle à lui même. Je procède aussi par collection d’images que j’ai prise ou que je récolte sur internet.




Aïda BRUYERE 2017 - Paris FRANCE - aida.bruyere@hotmail.fr